MALATAVERNE aux portes de Provence

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Archéologie

Des suies à la trace des peuples préhistoriques

La période estivale n’y suffit décidément plus pour étudier la Grotte Mandrin. En témoigne l’expérimentation menée ce 15 décembre par Ségolène Vandevelde, doctorante à la Sorbonne, assistée pour l’occasion de Toomaï Boucherat, chercheur associé en archéologie expérimentale. Dans le cadre de ses recherches, elle entend faire dire aux suies archéologiques, trouvées à Malataverne et ailleurs, à quel rythme et pourquoi nos aïeux sont allés et venus dans leurs abris sous roche.

Expérimentation de ségolène Vandevelde - 15125_2
Une poubelle du CNRS customisée (post-COP21, on recycle…), un conduit souple, un barbecue. Voilà pour l’outillage. Alimentez le tout de résineux bien vert, puis ajoutez quelques os secs ou un peu de graisse animale : on obtient d’abord une fumée blanche, puis le noir domine. La première étape de l’expérience imprime les parois…
Rendez-vous dans six mois pour le prochain allumage, et dans quelques années pour essayer de conclure. Car le temps devra faire son œuvre, former à chaque fois sa couche de calcite sur la suie déposée. Du millefeuille ainsi constitué, Ségolène tirera un échantillonnage comparatif, pour entendre un peu mieux la chanson des suies millénaires.

Car une trace de suie dit qu’un feu crépitait ici. Lorsque le calcite la recouvre, c’est qu’un bout de temps est passé sans âme qui vive au foyer… Puis on rallume, suit la suie nouvelle. On plie bagage, le calcite vient, etc, etc. De nos jours, il suffit d’éteindre la lumière avant de sortir, couper le gaz avant les vacances. Et pour le compte-rendu de la balade, on écrit une carte, fait du scrapbooking ou poste un selfie.
En noir et blanc depuis des millénaires, la paroi de la Grotte Mandrin se délite. Les seules traces écrites des voyages préhistoriques sont ces roches précipitées sur les sols archéologiques. Manque un lecteur, avec décodeur. Il faut donc bidouiller, émettre des hypothèses.
L’alternance colorée et la galerie des bistres diront bientôt à l’œil expert de Ségolène qu’il a fait chaud ou froid, sec ou humide. Comment et pourquoi l’on cramait ses contemporains, du paléo au mésolithique [1]. Attendait-on la lune nouvelle, la saison des pluies ou plusieurs années, pour sacrifier ou dire la messe au fond des grottes ? Rendez-vous dans quelques temps, mais un temps certain, pour de nouveaux éléments de réponse.

Expérimentation de ségolène Vandevelde - 15125_1

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Notes

[1] Le Mésolithique ou « âge moyen de la pierre » est la période chronologiquement et culturellement intermédiaire entre le Paléolithique et le Néolithique (entre environ 10 000 et 5 000 ans av. J.-C. en Europe). Les groupes humains de cette période perpétuent un mode de subsistance basé sur la chasse et la cueillette sous un climat tempéré proche de l’actuel.



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