MALATAVERNE aux portes de Provence

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Homo Sapiens, arrivé trop tôt...

Ou comment la grotte malatavernoise
entame le récit nouveau de notre préhistoire ?

Le foyer de Malataverne a fait le plein vendredi soir, 16 octobre 2015, lors de l’avant-première du film de Rob HOPE sur la grotte Mandrin, Crépuscule néandertalien pour aube moderne. Il faut dire que l’accroche était riche de promesses pour qui s’intéresse aux sources de l’humain. Parole tenue...

"Crépuscule néandertalien pour aube moderne", un film-documentaire de Rob Hope sur la Grotte Mandrin de Malataverne.

“Pourquoi elle ?”

En ouverture du documentaire, le Mistral, hostile. La grotte locale est orientée plein nord. "Alors, pourquoi les hommes ont-ils choisi de s’installer là, malgré tout, durant plus de 120 millénaires ?" interroge l’assistance, après la projection. Parce que le promontoire est idéal "pour voir arriver de loin les amis comme les ennemis", parole de visiteur Papou, explique Ludovic SLIMAK, chercheur CNRS en charge des fouilles de la grotte Mandrin. Du bon sens donc, de la stratégie. Le souvenir aussi que les troupeaux finissent toujours par repasser là filant, comme nous, le long des bras nourriciers du Rhône. Rive droite, rive gauche, terres propices aux expansions humaines d’hier et d’aujourd’hui.

Et de nos jours alors, pourquoi la grotte Mandrin ? Merci Mistral au final, qui a drainé en rafales les particules protectrices des instantanées passés. Grâce à lui, depuis un quart de siècle, les archéologues révèlent la pellicule laissée là et feuillettent le nouvel album de notre préhistoire.
Il y en a donc pour tous les goûts à la grotte Mandrin, de 120 000 ans (au moins) à nos jours. À chaque strate d’occupation humaine (pour l’heure, une douzaine décomptée), silex et ossements nous disent qui fait quoi, quand et comment. Rien d’ostentatoire pour autant, qui puisse aguicher le collectionneur impudent. Pas de fresque clinquante par exemple, mais un peu d’ocre quand même, 6 à 8 000 ans avant Chauvet, s’il vous plaît. Que du savoir donc, mais en pagaille... De quoi bousculer nos connaissances sur les humanités passées et l’entrée de la nôtre sur le continent.

Fouilles archéologiques à la Grotte Mandrin, été 2015.

Une génération d’éclaireurs…
Homo sapiens, nous, etc.

C’est en partie ce que nous conte le film de Rob HOPE, en se focalisant sur l’énigme du 50e millénaire et ce peuple troublant qui, pour une génération seulement, investit notre territoire. L. SLIMAK le nomme Néronien.
Pointes de silex format mini, fond de cabane high tech (le plus ancien connu au monde… Juste ici !) à faire pâlir les inuits d’aujourd’hui... Et tout un tas d’indices archéologiques, génétique à l’appui, qui pourraient bien faire de ces hommes-là, les tout premiers explorateurs homo sapiens de l’Europe, alors terre néandertalienne - jusqu’à preuve du contraire. Rien de moins.

Une fois dit çà, on a tout dit ? Pas vraiment... Car on serait armé d’arcs et de flèches au 50e (ah bon ? 40 000 ans plus tôt que prévu...). Quoi d’autre ? Le tout dernier néandertalien, mais plus récent qu’un néronien ? Oui oui, là aussi. Mais on est encore pas sûr, on analyse ses quenottes... Pourrait être un métis, qui sait. On continue ? Oui. Faudrait voir à étaler un peu les recherches au 120e étage (25 ans, à la louche, devraient suffire) car il semble qu’un clan entier y campait. Une autre ère d’avant glaciation, tempérée voire douillette. 1 à 2 degrés de plus qu’aujourd’hui, une forêt de chêne... Vous y êtes ? Les voyez-vous sortir du bois... ? Hobbits, elfes, génies, tapis sous la mousse ? Ils trament déjà notre sort, nous hèlent juste là, tout près... Il n’y a qu’à traverser... suffit de gratter un peu la terre.

Alors on la préserve. Il ne faudrait pas que les clefs - de notre préhistoire - nous filent entre les doigts. Juste patienter encore... Affaires à suivre. La grotte Mandrin est aujourd’hui surveillée, protégée des intempéries et fermée au public, car on y voit que poussière et cailloux. Mais à l’archéologue elle livre déjà ses pépites et autant de récits, en guise de mythes nouveaux pour nos origines.

Vivement qu’un cinéaste s’en empare une fois encore, car le Crépuscule de Rob HOPE, lui, fait déjà partie du patrimoine [1]...




Pour aller + loin

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Notes

[1] Le film de Rob Hope, Crépuscule néandertalien pour aube moderne, a bénéficié d’une subvention communale de 5 000 €. Ce documentaire de 52 minutes sera bientôt diffusé sur Montagne TV



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