MALATAVERNE aux portes de Provence

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La Grotte Mandrin

De fouilles en expertises, depuis 1991, la grotte Mandrin [1]
ne cesse de livrer ses secrets au monde de l’archéologie.

Grotte de Mandrin. Les campagnes de fouilles se poursuivent depuis plus de 20 ans.

Ces dernières années, la notoriété du site n’a cessé de croître au sein de la communauté scientifique. Qu’ils viennent d’Oxford, de Copenhague ou d’ailleurs, de nombreux universitaires se sont succédé en terres malatavernoises, autour de l’équipe de L. Slimak [2]. À ce jour, une trentaine de chercheurs internationaux travaillent sur la grotte Mandrin. Les campagnes de fouilles ont mis en évidence une douzaine installations humaines. Chaque niveau livre un nombre impressionnant de pièces lithiques et paléontologiques permettant la restitution précise de l’organisation des groupes humains. La bonne préservation de la grotte, sa richesse et la diversité des informations qu’elle recèle (restes humains, industrie lithique et osseuse, élément d’art pariétal, foyers, vaste structure circulaire liée à un aménagement de l’espace...) en font un ensemble de référence pour approcher les derniers moments des sociétés néandertaliennes dans l’espace franco-méditerranéen.


Un parfait repaire

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Os de cheval et racloir.

Du haut de ses 245 mètres d’altitude, la grotte Mandrin domine cet axe majeur de communication où se confondent aujourd’hui la N7, l’A7 et la ligne TGV. Ouverte vers le nord, face à la plaine d’Allan et de Malataverne, cette cavité est en fait un abri peu profond, parfaitement adapté à l’observation des migrations de grands herbivores qui devaient transiter par là, en des temps très reculés.

En 2013, l’espace de recherche s’est étendu hors de l’excavation naturelle actuelle, grâce à l’installation d’une verrière [3] qui permet de sécuriser le site. Ce prolongement correspond peut-être à celui "d’origine", qui s’est effondré au fil des millénaires. Il offre désormais à l’équipe de chercheurs la possibilité d’appréhender tout l’espace occupé par les hommes, à chacun de leur passage.


Gaston Etienne, inventeur de la grotte de Mandrin.

Gaston Etienne [4] ,
inventeur de la grotte

L’intérêt archéologique du site est né dans les années 1960, lorsque Gaston Etienne découvre des traces humaines datant de l’âge de Bronze. Dès 1991, avec Yves Giraud et Pascale Yvora, la grotte Mandrin fait l’objet de fouilles programmées et révèle de nombreux vestiges lithiques [5] et paléontologiques [6].

À la croisée de deux espèces d’Homme...

Pour L. Slimak, de nombreux et fascinants mystères restent à élucider : quels étaient les comportements de Néandertal [7], ses modes de production ? Son rapport au monde était-il similaire à celui d’Homo Sapiens, dont le passage par la grotte Mandrin a été identifié au 42e millénaire (soit 6 000 avant Chauvet) ? Y a-t-il eu - et comment - interaction entre les deux espèces ? Comment et pourquoi Néandertal s’est-il éteint ?

Qui est cet homme ? Est-ce Néandertal ou l'homme moderne... ?

Une strate en particulier a retenu l’attention des chercheurs. Elle est datée du 50e millénaire, riche d’une industrie de type "Néronienne" particulièrement évoluée, et qui se trouve étonnement "coincée" entre plusieurs passages de Néandertal... Selon les archéologues, elle promet de bouleverser la connaissance actuelle de notre préhistoire, à la croisée de Neandertal et d’Homo Sapiens.


52 minutes sur la Grotte Mandrin de Malataverne

À ce sujet, le réalisateur Rob Hope consacre un documentaire entier, de 52 minutes, à la grotte Mandrin (voir l’article sur le tournage). Ce film a été diffusé sur TLM et TV8 Mont Blanc courant 2017, et a bénéficié d’une subvention de la commune de Malataverne [8].
Il a été sélectionné et primé au sein de divers festivals et a notamment obtenu le Prix du Jury et le Prix du Public au Festival du Film Archéologique de Narbonne en octobre 2016. Il vient d’être sélectionné pour le Festival AIRCHEO de Toulouse de novembre 2017.

Pour aller + loin :



Voir aussi :

L’Homme de Néandertal, il y a 100.000 ans, aimait-il les rapaces ? (parution janvier 2015)

Exposition temporaire "Néandertal, un mystère préhistorique", au musée de la préhistoire de Grand-Pressigny, jusqu’au 30 novembre 2015. Conseil scientifique : L. Slimak. Reconstitution de la cabane de la grotte Mandrin, par C.Trubert.

Article du Dauphiné Libéré - Juillet 2013.

Sur le site de la BBC, suite aux publications de Tom Higham.

Expérimentations de S. Vandevelde : Des suies à la trace des peuples préhistoriques...


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Notes

[1] Origine du nom de la grotte : Louis Mandrin est né à La Cote-St-André dans l’Isère en 1725. Il devint contrebandier de tabac, de sel et d’allumettes, qui étaient taxés par le roi, et entreprit de prendre les encaissements des fermiers généraux, qui levaient l’impôt. Comme ces derniers prélevaient souvent pour leur propre compte des sommes supérieures à celles demandées par le roi, Mandrin obtint parmi les gens du peuple des complicités recherchées. Si certains ne voyaient en lui qu’un bandit de grand chemin, une partie de la population le considérait comme une sorte de justicier du peuple. Entre 1750 et 1754, Mandrin vint séjourner plusieurs fois à Roucoules. Il s’agissait pour lui d’un lieu de halte et de rendez-vous.

[2] chargé de recherche au CNRS, UMR 5608, TRACES, Université de Toulouse

[3] Travaux réalisés par la société spécialisée Hypogée, financés par la DRAC Rhône-Alpes (80%) et la commune (20%)

[4] À l’âge de 87 ans, Gaston Etienne a tiré sa révérence en juillet 2010. Bien que résidant à Montélimar depuis une douzaine d’années, il était toujours resté Malatavernois de cœur, et pour cause... Il fut président de l’Amicale Laïque durant 25 ans, conseiller municipal pendant 18 ans, également très investi dans le domaine agricole. Passionné d’archéologie, il est à l’origine des fouilles de la grotte Mandrin, dont il est "l’inventeur" officiel. En son honneur, la toute nouvelle esplanade qui s’ouvre sur le pôle Enfance & Jeunesse - et donc sur l’école - porte aujourd’hui son nom.

[5] relatifs au travail de la pierre

[6] La paléontologie est la science qui étudie les restes fossiles des êtres vivants du passé et les implications évolutives de ces études.

[7] L’Homme dit de Néandertal est un représentant fossile du genre humain qui a vécu en Europe et en Asie occidentale au Paléolithique moyen, soit entre environ 250 000 et 28 000 ans. Autrefois considéré comme une sous-espèce au sein de l’espèce Homo sapiens, il est désormais majoritairement considéré comme une espèce indépendante. L’homme de Néandertal a longtemps pâti d’un jugement négatif, étant considéré dans l’imagerie populaire comme un être simiesque et fruste. Puis au fil du temps, on finit par lui attribuer une riche culture matérielle, ainsi que les premières préoccupations esthétiques et spirituelles (sépultures)

[8] soit 5000 €



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